La mère hyper-performante que j'étais — et ce que ça m'a coûté
- Myriam Enseignante / Prof Artiste
- 9 mai
- 4 min de lecture
J'avais 8 ans de moins que mes frères et sœurs.
8 ans.
Ce qui voulait dire que dans ma famille, j'étais souvent la petite. Celle qu'on regardait avec un sourire condescendant. Celle à qui on disait — pas toujours avec de mauvaises intentions, mais quand même — que ses choix n'étaient pas les bons. Que ses émotions étaient trop grandes. Qu'elle était trop sensible. Qu'elle ne pouvait pas vraiment se gérer seule. Je l'ai entendu assez souvent pour finir par y croire. Et quelque part, sans m'en rendre compte, j'ai décidé de le prouver.
Que j'étais capable.
Que j'étais mature.
Que je pouvais faire les bons choix.
Quand la maternité est devenue une scène de performance
Quand mon fils est né, quelque chose s'est activé en moi.
Pas juste l'amour — ça, c'était là, immense et évident.
Quelque chose d'autre aussi. Une pression sourde.
Une voix intérieure qui disait : prouve-le maintenant. Prouve que tu es une bonne mère. Prouve que tu es capable.
Alors j'ai performé.
Je voulais tout bien faire. Tout contrôler. Tout anticiper. Être la mère parfaite, la mère stable, la mère qui gère. Mais derrière cette façade de compétence, il y avait une hypersensible qui tremblait.
La peur que mon fils ne me rejette. La peur qu'il préfère son père. La peur de ne pas créer assez de connexion. La peur de ne pas être assez aimée.
Des peurs que je n'aurais pas su nommer à l'époque.
Parce que je n'avais jamais fait de développement personnel. Je ne savais pas encore que ces peurs-là avaient un nom. Qu'elles avaient une origine. Qu'elles appartenaient à l'enfant que j'avais été — pas à la mère que j'étais en train de devenir.
Le mur
Puis j'ai décidé de me réorienter en enseignement.
Parce que j'aimais les enfants. Parce que je voulais avoir un impact. Parce que je croyais que c'était ma place.
Et je portais déjà beaucoup.
Mais là, en plus de mon propre enfant, des dizaines d'autres enfants dépendaient de moi. Leurs émotions. Leurs énergies. Leurs besoins. Leurs regards.
Et moi, j'absorbais tout.
Chaque émotion difficile. Chaque enfant en crise. Chaque journée intense.
Je prenais tout personnel. Comme si c'était un reflet de ma valeur. Comme si chaque moment difficile voulait dire que je n'étais pas assez bonne.
Je ne savais pas encore que c'était mon enfant intérieur blessé qui remontait à la surface.
Je ne savais pas encore que mes réactions n'avaient pas commencé avec ces enfants-là. Elles avaient commencé bien avant.
J'ai frappé le mur.
Deux fois.
Deux épuisements professionnels.
Deux fois où mon corps et mon système nerveux ont dit : stop. Tu ne peux plus continuer comme ça.
Ce que j'ai appris de l'autre côté du mur
C'est après ces deux épuisements que j'ai finalement commencé à faire du développement personnel.
Et là — quelque chose s'est ouvert.
J'ai appris qu'on pouvait reprogrammer le cerveau.
J'ai appris que nos patterns de réaction ne sont pas des défauts de caractère — ce sont des programmes encodés dans le subconscient, souvent depuis l'enfance.
J'ai appris que mes réactions les plus intenses ne parlaient pas de mes enfants.
Elles parlaient de moi.
De l'enfant que j'avais été. De ce qu'elle avait cru sur elle-même. Des croyances qu'elle avait traînées comme des valises invisibles pendant des décennies.
Et pour la première fois de ma vie, j'ai compris que je n'étais pas trop émotive.
J'étais hypersensible — et c'est une force, pas un défaut.
Je n'étais pas incapable de me gérer. J'étais une femme qui n'avait jamais eu les outils pour comprendre ce qui se passait en elle.
Ce que je vois maintenant dans les yeux des parents
Aujourd'hui, je travaille avec des parents.
Et je la reconnais — cette pression-là.
Ce besoin de bien faire. Tout le temps. De ne pas répéter ce qu'on a reçu. De prouver qu'on est capable. De ne pas décevoir. De ne pas perdre le lien.
Je vois des mamans épuisées qui continuent quand même.
Des papas qui retiennent leurs émotions parce qu'on leur a appris que c'était une faiblesse.
Des parents qui se détruisent de culpabilité après chaque réaction — comme si une mauvaise journée effaçait tout l'amour qu'ils portent.
Et je veux leur dire ce que j'aurais voulu qu'on me dise bien avant mes deux épuisements :
Tu n'es pas un mauvais parent.
Tu es un parent déclenché.
Et ce n'est pas la même chose.
La transformation n'est pas un événement
Ce que j'ai appris — et ce que j'enseigne maintenant — c'est que la transformation ne se passe pas dans un grand moment de révélation.
Elle se passe dans les petits choix quotidiens.
Dans le moment où tu choisis de respirer avant de parler.
Dans le moment où tu reviens après une tempête.
Dans le moment où tu te parles avec bienveillance au lieu de te détruire.
Dans le moment où tu reconnais que tes réactions ont une histoire — et que tu peux choisir d'en écrire une nouvelle.
Je ne suis pas une mère parfaite. Je suis une mère consciente.
Et la différence entre les deux — c'est tout ce que ça m'a pris des années à comprendre.
Maintenant, c'est ce que je transmets.
Pas la perfection.
La conscience.
Et la capacité de revenir — toujours — à ta version vivante.
Myriam Messier est coach en PNL et Génie Humain, thérapeute en relation d'aide et experte en pédagogie transformationnelle. Elle accompagne les parents qui veulent sortir du mode automatique pour vivre leur parentalité de façon consciente, alignée et vivante.
Tu te reconnais dans cet article ? Découvre le programme Ma vie : Version Vivante — une formation complète pour les parents qui veulent transformer leur façon de réagir, de connecter et d'incarner le parent qu'ils veulent être.



Commentaires